 | Saxophones barytons Yanagisawa
 Pour le saxophoniste qui désire investir dans un baryton professionnel, le choix est en fait assez restreint, et souvent les magasins ayant peu de stock sur ce type d’instrument, il n’est pas simple de se faire une idée comparative. Nous avons de la chance car aujourd’hui nous avons devant nous 3 spécimens magnifiques, les Yanagisawa Elimona B901, B902 et B991. Le 902 est la version bronze du 901 et ils sont manufacturés depuis 2001. Le 991 apporte surtout des modifications mécaniques et est fabriqué depuis 2005. | Commençons par le 901 puisqu’il est la « base » commune. L’instrument est
 | magnifique, il n’y a pas de doute, on a du costaud entre les mains. Du coup, cela se ressent sur le poids. Oui c’est du lourd ! Mais bon à y regarder de près, Yanagisawa n’a pas lésiné sur le matériau, les axes, les renforts, le double bras de la clé de Do, tout est bien costaud et rajoute forcément son lot de grammes, sans parler du La grave ! Et l’anneau de fixation entre le pavillon et le corps est également une belle pièce qui ajoute encore du poids, mais au moins il est efficace. Heureusement les gardes des plateaux de grave sont individuelles. Par contre, l’anneau de cordelière est étrangement petit, et nous nous disons que certains mousquetons ne doivent pas passer.  Yanagisawa a fait le choix d’un pavillon et de culasses démontables, donc pas de travail de soudures à entrevoir en cas d’intervention d’un réparateur pour débosselage par exemple, et donc une facture moins lourde. Nous remarquons que le repose pouce est fixé en 5 petits points de contact contrairement à d'autres manufacturiers qui ont opté pour une soudure complète ou une grosse vis. Ici Yanagisawa a opté pour un système qui implique un minimum de contact avec le corps, afin de ne perdre aucune vibration. Louable.
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Le clétage nous paraît un peu lourd, mais là c’est une question de goût, on aime les mécaniques qui résistent ou pas. Certaines pattes de clés sont équipées de liège composite, et on sait qu'avec le temps cela peut occasionner quelques bruits gênants, on aurait préféré de la feutrine. La clé de La grave est au pouce gauche comme désormais la plupart des barytons et non plus sur les claviers de grave main gauche. Je trouve d'ailleurs cette clé un peu « molle » par rapport au mécanisme du Yamaha YBS62 duquel je suis familier(double système d'octave). Côté bouchage, tout nous paraît impeccable et cela se ressent sur la projection générale avec une belle homogénéité. L'instrument est vraiment facile à jouer. Pour le son, une légère agressivité qui ne me déplait pas, et le déséquilibre entre les graves et les notes au dessus du sol médium aigu si particulier aux barytons n'est vraiment pas flagrant ici. L'extrême grave manque quelque peu de chaleur, il est assez « sec », mais là aussi c'est une question de goût. En fait, au bout de quelques minutes de jeu, l'instrument dans l'ensemble nous paraît bien neutre, il manque de personnalité au niveau du son. Côté accessoires, le bec fourni nous paraît plus que décent, et pourrait certainement bien faire l'affaire pour un saxophoniste qui n'a pas encore trouvé son bonheur à ce niveau là . La caisse de transport est la caisse traditionnelle de chez Yanagisawa en semi composite. C'est sûr c'est une économie en poids. Par contre l'habillage intérieur nous paraît un peu léger, d'ailleurs une fois l'instrument rangé, la vis du tenon nous semble dangereusement frotter contre le fond de l'étui. Voilà donc un point à renforcer en priorité, surtout si l'instrument doit voyager.  | Nous passons sur le 902, et nous le trouvons vraiment élégant avec son corps bronze et ses clés dans un autre ton. Nous sommes curieux de voir les différences sonores que peut apporter cette finition bronze sur le 901 essayé précédemment. Dès les premières notes, nous sentons plus de chaleur chez le 902, un son plus rond et plus chaud. Par contre, nous le trouvons moins puissant. Il a bien la clarté du 901, mais moins de volume c'est sûr. Donc ici , la finition bronze apporte donc une chaleur certaine mais « étouffe » également quelque peu l'instrument. Nous notons également quelques soucis d'homogénéité du son. Dans le passage du Fa au Sol de la deuxième octave, nous sentons un certain déséquilibre, certainement dû au report de l'octave de la clé de corps à celle de bocal. De même le Ré médium nous paraît beaucoup plus brillant que les Mi et Fa suivants. Est-ce dû à cet instrument là en particulier ou un problème du 902..? Du coup nous essayons le 901 avec le bocal du 902! Il faut vraiment tendre l'oreille pour sentir une différence infime... ou est-ce tout simplement parce que nous voulons nous en convaincre? C'est un essai qui mérite d'être approfondi pour tirer des conclusions sérieuses.
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Nous avons maintenant entre nos mains le 991, et côté apparence, rien de bien différent du 901 si ce n'est les clés de Fa et Fa# de côté qui sont équipées de nacre. Impossible de vérifier à l'oeil nu les modifications qu'a pu subir le corps. Jouons le, et nous pourrons en juger. Dès les premières notes, c’est le sourire général. Enfin de la chaleur et de la présence associées. Le son est bien rond, bien « juteux » à souhait. Rien à voir avec le côté sec du 901, et les problèmes remarqués sur le 902 ne sont pas là non plus. Tout le registre est bien homogène et la rondeur du son est constante, ça ronfle sous les doigts et derrière le bec ! Les aigus ne sont pas si serrés que ça, et c’est vraiment un plaisir de se promener sur cet instrument. Côté justesse, c’est un régal. L’extrême grave est plutôt facile à jouer et le La grave n’explose pas, comme sur les 901 et 902 d’ailleurs. Le clétage reste assez lourd, mais comme spécifié précédemment, il est sûr que c’est ce que recherchent certains saxophonistes. Une bien belle machine qui a du répondant! Bref, le 991 est vraiment au dessus de ses petits frères. A noter que le 991 existe également en version bronze (992).
Prix moyens constatés : Yanagisawa B901 4100€ / Yanagisawa B902 4800€ / Yanagisawa B991 5250€ à titre de comparaison :Selmer Série II 6250€ / Yamaha YBS62 5400€ Bilan : Encore une fois, Yanagisawa est fidèle à sa réputation de fabriquant d’instruments fiables. Absolument rien à redire au niveau finition et matériel pour ces 3 modèles de baryton. Le 901 est vraiment un bon saxophone baryton, même si on peut lui reprocher un certain manque de caractère, mais après tout c’est le baryton d’entrée de la gamme. C’est l’investissement parfait pour le saxophoniste qui veut se mettre au baryton en plus du ténor ou de l’alto. Il tiendra magnifiquement sa place en pupitre de big band ou en section de cuivres. Maintenant, le soliste barytonniste lui préférera sans aucun doute le 991 qui ne souffrira pas la comparaison avec les Selmer, Conn ou Martin. Il a une personnalité certaine, et à environ 1200 Euros de plus que le 901, si le porte monnaie le permet, il ne faut pas hésiter. Quand au 902 que nous avons testé, il nous a déçu par les petits soucis d’homogénéité, même si nous avons bien senti que le côté bronze apportait un petit plus au son. S.H. Cliquez ici pour voir la fiche du B901 dans la base de données de soufflez.net
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